Choisir sa première board : Freestyle ou All Mountain ?

C’est une question qui revient assez souvent en magasin lorsque le moment de l’achat est venu. Pas toujours facile de faire son choix la première fois lorsque l’on a peu d’expérience. On est souvent tenté de prendre la plus belle, peu importe son programme, ses caractéristiques voire même son prix (et je vous comprends, je l’ai déjà fait). Mais on s’aperçoit par la suite qu’il y a comme un truc qui cloche, par exemple les cuisses en feu au bout de deux heures, ou la gamelle tous les trois virages …

Pour vous éviter ce supplice (quoique formateur), nous allons dégrossir le sujet afin que vous puissiez faire le meilleur choix qui VOUS correspond.

 

Description d’un snowboard

Commençons par un petit schéma explicatif pour comprendre tous les termes qui vont être utilisés.

La board FREESTYLE

Tout d’abord, voyons déjà ce qui caractérise une board freestyle :

  • souple : plus une planche a de la souplesse, plus elle est maniable et tolérante aux fautes de carre, et moins elle sera physique.
  • twin-tip : c’est à dire qu’elle est symétrique en son milieu (par un axe perpendiculaire). C’est parfaitement adapté à celles et ceux qui veulent aussi descendre ou se réceptionner d’un kicker en switch.
  • setback de 0 : un terme un peu sauvage ; il s’agit tout simplement de la position des inserts de fixation par rapport au centre de la planche. Par exemple : un setback de 3 cm correspond à un décalage des trous de fixation de 3 cm vers l’arrière, par rapport au centre de la planche. C’est très utile lorsque l’on commence à sortir des pistes damées, cela permet de déplacer le poids du corps vers le tail, et donc de soulever le nose pour éviter de s’enfoncer dans la peuf. Avoir un SB nul favorise la versatilité : la board se comporte aussi bien d’un côté que de l’autre. C’est aussi ce que l’on recherche en freestyle.

 

La board ALL MOUNTAIN

Maintenant, regardons de plus près les caractéristiques d’une board All Mountain

  • rigide : plus ou moins selon les modèles, mais déjà d’un cran supérieur à celles de freestyle. La rigidité permet d’avoir de l’accroche et de la stabilité lorsque l’on commence à prendre de la vitesse, mais c’est un peu plus difficile à manier, légèrement (ou pas) plus physique aussi, et un tantinet plus « casse-gueule » si la technique est approximative.
  • directionnelle : à l’inverse des twin-tip, les boards all mountain possèdent un nose plus large que le tail. Cela permet deux choses : d’une part la glisse est optimisée dans un sens : la relance en sortie de virage est meilleure et plus dynamique. D’autre part, cela permet à l’avant élargi d’occuper plus de surface dans la neige fraîche et donc de s’enfoncer moins ; à l’inverse l’arrière affiné « plonge » pour agir comme un gouvernail.
  • setback positif : dépend des modèles. Maintenant que vous savez ce que c’est, vous comprenez pourquoi il est primordial en hors-piste.

 

Le CAMBRE

Et pour compliquer la donne maintenant que vous croyez avoir tout compris, vient l’histoire du cambre. Pour simplifier c’est la courbure de la planche, qui va influer sur son comportement.

Il en existe trois principaux et des variantes :

  • le cambre classique : le plus répandu, surtout sur les all mountain, qui va agir comme un ressort. Plus la pression exercée par les pieds est grande, plus la planche va « s’étirer », augmentant ainsi la surface de contact avec la neige. Il permet donc de gagner en stabilité, surtout lorsque l’on prend de la vitesse ou que l’on a un style agressif. Avec cet effet ressort, il donne également du pop, qui est bien apprécié pour les kickers. Ce n’est pas le meilleur pour la poudreuse lié à sa forme.
  • le cambre inversé : c’est l’inverse ! appelé aussi cambre banane. Les points de contact sont au milieu de la board, du coup la maniabilité est accrue au détriment de la stabilité, surtout sur neige dure. C’est hyper joueur, pas fait pour descendre en tout schuss mais pour profiter de toute la largeur de la piste et d’essayer les tricks les plus fous. Il se révèle également très adapté pour les sorties dans la fraîche.
  • le cambre plat : c’est un mix des deux. Il possède à la fois leurs avantages et leurs inconvénients. Un bon compromis au final.
  • le cambre multiple : lorsqu’une planche possède du « rocker », c’est qu’elle a ses points de contact avec la neige qui se rapprochent du centre. Le rocker peut venir s’additionner à n’importe cambre, augmentant ainsi la maniabilité générale et la flottabilité en poudreuse. On parle alors de cambre multiple. Exemple : la board Wedze Dreamscape présentée dans ce TEST possède un cambre classique avec un double rocker.

 

Maintenant que vous savez tout ça, j’espère que vous comprenez mieux les différences de comportement que peuvent avoir certaines planches sous vos pieds.

Pour répondre à la question principale « Board Freestyle (FS) ou All Mountain (AM) pour débuter ? », je ne pense pas qu’il y ait de mauvais choix, à condition de prendre en considération leurs spécificités.

  • Une FS sera surement plus facile à « prendre en main » et plus fun grâce à une grande souplesse et un cambre joueur (inversé ou plat) : elle conviendra mieux à mon sens à une personne qui débute totalement la discipline. Si vous avez l’esprit joueur, que vous recherchez le côté ludique du snowboard et que vous guettez chaque occasion pour tenter un petit trick ou une rotation, elle est faite pour vous !

Mon coup de coeur pour commencer en FS : le pack Wed’ze End Zone 400 JIB.

  • Une AM saura pardonner vos imperfections si vous choisissez un modèle souple. Elle sera plus adaptée aux personnes qui ne sont pas intéressées par le côté freestyle, mais choisiront de s’orienter plutôt piste, vitesse, grandes courbes et poudreuse par la suite avec un cambre classique, disposant ou non de rocker. Moins évidente à apprivoiser sur les tous premiers virages, elle se révèlera peut-être plus destinée à un rider débutant/confirmé en recherche de progression.

Mon coup de coeur pour commencer en AM : la board Wed’ze Bullwhip 300 EVO (chez l’homme) ou la Wed’ze Serenity 300 Evo (chez la femme) avec des fixations Wed’ze Illusion 400.

 

Quelle taille choisir ?

Pour les boards Freestyle :

  • 20 à 25 cm en dessous de sa taille, à peu près entre l’épaule et le menton.
  • la prendre plus petite facilite sa maniabilité, les rotations et les figures.
  • la prendre plus grande permet de gagner en stabilité (intéressant pour la prise de vitesse avant kicker et à la réception après), et est conseillé pour les riders lourds par rapport à leur taille.

Pour les boards All Mountain :

  • 10 à 20 cm en dessous de sa taille, entre le menton et le nez.
  • la prendre plus petite facilite l’apprentissage, et permet une entrée en courbe plus rapide. C’est également recommandé pour les riders légers.
  • la prendre plus grand augmente sa stabilité sur piste et sa portance en poudreuse, au détriment de la maniabilité.

 

Wide or not Wide ? That is the question.

Les planches wide sont plus larges. Elles sont plus confortables pour ceux qui font du 43 ou 44, mais deviennent indispensables pour les pointures 45 et plus, au risque de mordre la neige avec les boots en virage.

 

Alors pour vous, Freestyle ou All Mountain ?

 

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